The ghost of your smile (2024)
Cette série de peintures à l’huile s’inspire des fantômes tapis au plus profond de nous : deuils, amours perdus ou amitiés délitées…Entre nostalgie et mélancolie, ce corpus d’œuvres évoque une présence à la fois tangible et évanescente. Il suggère le souvenir persistant de moments heureux, incarnés par un sourire qui, bien que disparu, continue d’exister dans notre mémoire. Sous les drapés et les jeux de masques où s’entremêlent douleur et douceur, ce sourire réconfortant vient nous rappeler avec bienveillance la beauté qui a été.
This series of oil paintings is inspired by the ghosts that lie deep within us: grief, lost loves, or faded friendships… Between nostalgia and melancholy, this body of work evokes a presence that is both tangible and evanescent. It suggests the persistent memory of happy moments, embodied by a smile that, although gone, continues to exist in our memory. Beneath the drapery and the play of masks where pain and sweetness intertwine, this comforting smile comes to gently remind us of the beauty that has been.
La réminiscence des pierres (2022)
Particulièrement habitées, les peintures de La réminiscence des pierres s’inscrivent dans la lignée de la série Écorce publiée en 2021 par les éditions Joie Panique. Ces deux jalons essentiels dans la production de Marie-Pierre Brunel imposent la sororité et l’écoféminisme comme les nouveaux thèmes centraux de sa
démarche artistique.
Galerie Arts Factory, 2022
Particularly inhabited, the paintings of The Reminiscence of Stones are part of the series Bark published in 2021 by Joie Panique editions. These two essential milestones in Marie-Pierre Brunel’s production establish sisterhood and eco-feminism as the new central themes of her artistic approach.
Synode (2021) et Les sardinières (2023) s’inscrivent dans un réseau de réflexions nourries par les écrits de penseuses telles que Simone de Beauvoir, Françoise d’Eaubonne, Virginia Woolf, Silvia Federici, Audre Lord et Bell Hooks. Des lectures qui ont façonné ma pratique, et qui trouvent une résonance plastique dans mes œuvres.
La figure féminine (dans sa signification la plus inclusive) apparaît ici
vêtue en novice, une référence directe au livre Les Béguines – une communauté de femmes libres, de Silvana Pancera. Ce texte a marqué le point de départ de cette série, qui interroge la sororité et l’auto-organisation de de femmes vivants aux temps de la domination masculine. Au moyen-âge, les béguines s’affranchirent des structures patriarcales et monacales, créant des espaces autonomes de savoir, d’entraide et de spiritualité libre. Face au climat politique et social actuel, il me semble inévitable de revisiter ces luttes, et raviver l’espoir d’une émancipation plus vaste et plus pérenne.
Avec Synode1, l’écoféminisme et l’intersectionnalité s’entrelacent pour dénoncer les violences systémiques : celles de l’homme sur la nature et sur le corps des femmes. L’exploitation des ressources naturelles et l’asservissement des femmes (qu’il s’agisse de leur fonction reproductive, des violences sexistes et sexuelles, ou de leur rôle économique invisibilisé) s’inscrivent dans un même continuum d’appropriation et de prédation. Là encore, il s’agit moins d’une simple dénonciation que d’un appel à reconnaître les solidarités entre les luttes et à imaginer d’autres façons d’être ensemble, hors de la domination.
Nourrie par les considérations de l’historienne Michelle Perrot,
Les sardinières, incarne la lutte des classes croisant celle pour l’égalitésalariale. Ces ouvrières de Douarnenez, par leur grève intransigeante, obtinrent non seulement l’égalité de salaire avec leurs homologues masculins, mais aussi l’élection en 1925 de la première femme française à un conseil municipal.
1 de sun-odos, c’est-à-dire « route ensemble », du grec ancien σύν / sún, « avec » et ὁδός / hodós, « chemin », « route ».
Synode (2021) and Les sardinières (2023) are part of a network of reflections inspired by the writings of thinkers such as Simone de Beauvoir, Françoise d’Eaubonne, Virginia Woolf, Silvia Federici, Audre Lord, and Bell Hooks. These readings have shaped my practice and resonate plastically in my works.
The feminine figure (in its most inclusive meaning) appears here dressed as a novice, a direct reference to the book Les Béguines – a community of free women, by Silvana Pancera. This text marked the starting point of this series, which questions sisterhood and the self-organization of women living in times of male domination. In the Middle Ages, the beguines freed themselves from patriarchal and monastic structures, creating autonomous spaces for knowledge, mutual aid, and free spirituality. Given the current political and social climate, it seems inevitable to revisit these struggles and revive the hope for a broader and more enduring emancipation.
With Synode1, eco-feminism and intersectionality intertwine to denounce systemic violence: that of man against nature and against women’s bodies. The exploitation of natural resources and the subjugation of women (whether concerning their reproductive function, gender-based and sexual violence, or their invisibilized economic role) are part of the same continuum of appropriation and predation. Here again, it is less about simple denunciation than about an appeal to recognize the solidarities between struggles and to imagine other ways of being together, outside of domination.
Nourished by the considerations of historian Michelle Perrot,
Les sardinières embodies the class struggle intersecting with the fight for equal pay. These workers from Douarnenez, through their unwavering strike, not only achieved equal pay with their male counterparts but also paved the way for the election in 1925 of the first French woman to a municipal council.
1 from sun-odos, meaning « road together, » from ancient Greek σύν / sún, « with » and ὁδός / hodós, « path, » « road. »
Reunions (2020-2022)